De la gueule dans chaque partie !

Rencontre avec « Les Ecrits Vains »

par Léo Artaud, juin 2012

Leo Artaud

Je savais que ce serait, forcément, un drôle d’endroit pour une rencontre de ces deux types.

Sachant que « Les écrits vains n’existent pas », c’est l’âme curieuse, et un rien voyeuse je l’admets, que je suis allé interviewer Laurent Vigier et Philippe Marc. Il faut quitter Toulouse et suivre les veines du Tarn, dans l’albigeois, pour trouver l’antre electro-glodytes, lieu du crime, des deux artistes qui ont décidé d’habiller la poésie de nos maîtres d’école en costard spatio-intemporel.

J’entre sous la voûte de brique rouge sablée en espérant que la chaux retiendra les colombages de la vieille bastide du XIII ème siècle... Mais il n’y a pas de raison ! Enfin… Il y a quand même une vibration hertzienne, qui ne semble pas d’époque, qui résonne jusque sous les tomettes roses qui mènent au studio.

La théorie de la relativité n’est donc pas une vue de l’esprit, me dis-je en faisant un rapide tour d’horizon de la scène d’opération, me faufilant entre le vieux canapé, qui ne garde qu’un vague souvenir d’en avoir été un, et les câbles, micros et consoles, qui forment un joyeux mode de transport entre Prévert, Cros, Vian… et la voix ferrée déraillante d’un sale gosse du rock et la musique scaphandrée d’un garnement de l’electro ! L’atmosphère embrumée de thé au jasmin (ou d’un truc dans le genre… je ne suis pas très bon en plante exotique) finit de me convaincre que l’espace est courbe entre la douce folie de l’un et la folie douce de l’autre…

- "Bonjour Laurent." (là je regarde subrepticement si le subtil balancement qui m’oblige à osciller des yeux de gauche à droite ne serait pas du à des échasses. Finalement non.)
- "Bonjour Philippe." (mince... Nous ne sommes pas tous égaux, me dis-je, dans la souplesse du nerf optique !)

Je jette toutes les questions que j’avais prévues... ça ne sert plus à rien ! Face à ces deux contraires semblables je ne fais pas le malin et j’opte pour l’interview miroir...